Productions à lire

SI C’EST DE L’OR

Y’a tant de textes inachevés

Y’a tant de mots dans ma besace

Si c’est de l’or j’suis plein aux as

Si c’est de l’or, tu sais

Y’a tant d’idées inabouties

Rangées au fond de mon cartable

Si c’est de l’or j’suis un minable

De les laisser sans voix sans vie

Si c’est de l’or

Y’a tant de phrases à compléter

Tant de poèmes à terminer

Et tant de mots à inventer

Planqués au fond de ma sacoche

Si c’est de l’or putain c’est moche

De les laisser abandonnés

Échoués au creux de ma caboche

Si c’est de l’or, tu sais

Y’a tant de lettres orphelines

Tant de syllabes souterraines

Tant d’histoires à dépoussiérer

Fixées au mur de l’atelier

Si c’est de l’or j’suis riche tu sais

Si c’est de l’or

Moi j’voudrais être joailler

Je crois que ça m’rendrait joyeux

Si c’est de l’or

Moi j’voudrais savoir les tailler

Comme des minerais précieux

Tous ces mots-là que j’ai croisés

Au hasard d’un rêve égaré

Si c’est de l’or

Au fond de nous gît un trésor

Moi je voudrais le partager

C’est triste un rêve qui se tait

Les mots passants ça rend plus fort

Et si ce n’est que de la pierre

Moi je la donne au cantonnier

Car mélangée à d’autres pierres

Elle deviendra sans doute

Un chemin un bout de route

Qui nous invite à voyager

Y’a tant de mots qui se bousculent

Les miens souvent sont ridicules

Mais si c’est de l’or je vous les donne

On est riches des mots qui résonnent

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BREUVAGE

Tchin-tchin

Naufragé sur l’écume d’un demi-pression

Ou tu noies l’amertume de ta dépression

Tu te perds dans les flots de ton plaisir-pulsion

De servage en sevrage, de sevrage en servage

Tu cours après ta vie

De troquets en troquets au fil de tes envies

Détraqué t’as quitté peu à peu le rivage

Rongé par ta passion, la boisson te ravage

De comptoir en comptoir, tu joues le fier à boire

Tchin-tchin

Et c’est ton corps qui trinque

Ton cœur qui craque, la grande arnaque

De lune de miel en lune de fiel

Ta maîtresse ne te fait même plus jouir

La passion émoussée s’est muée en déplaisir

Si tu ne l’aimes plus il est temps que tu partes

Une gorgée de plus et la marée t’emporte

Une bouteille à la mer ton envie d’arrêter

Car l’amante cruelle t’a déjà dévoré, la triste fiancée

Tchin-tchin

Et c’est toi que tu flingues

Et c’est ta vie qui tangue

Sur le roulis incessant de ton ivresse

Dans le ressac insensé de ton ébriété

La vie s’échappe à grandes goulées

La vie si rose ! Cirrhose…

C’est la mort qui s’invite à ta table

La mort en col blanc si fraîche si aimable

Sa robe d’ambre luit et elle se montre affable

Tchin-tchin

Naufragé sur l’écume d’un demi-pression

Ou tu noies l’amertume de ta dépression

Tu te perds dans les flots de ton plaisir-pulsion

T’habite où ? Il est l’heure de partir

Ta maîtresse une dernière fois te fait cocu

Y’a quelqu’un qui te dit que ton heure est venue

Ce soir, une fois n’est pas coutume, c’est la mort qui paie sa tournée

Demain en titubant tes copains de poison

Iront cuver leur peine en emportant ta bière

Tchin-tchin

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